Fugue en rêve majeur
Improvisation au gré de souvenirs à venir, de passé trop présent, d'imparfait du subjectif. Tu viens de partir... je t'ai regardée te rhabiller sans dire un mot.
Tu déroulais tes bas le long des jambes avec une aisance et une méthode rappelant celle du samouraï rangeant son sabre précieux après avoir vidé son adversaire de son âme. Tes jambes formaient une arme redoutable, un carcan vigoureux où tu m'emprisonnais quelques minutes auparavant ; tentacules qui me maintenaient contre ta bouche femelle de pieuvre. C'est pourtant moi qui ai craché mon encre blanche. J'ai senti tes talons au creux de mes reins comme si tu avais voulu m'attirer tout entier dans ton ventre ou simplement m'empêcher d'en sortir.
Tu mettais un point d'honneur à ne pas me regarder pendant que tu te rhabillais... Tu m'ignorais... Il y avait, au coin de tes lèvres, un pli qui n'existait pas pendant que tu baisais ma bouche... Satisfaction du chasseur qui venait d'arracher un nouveau trophée ? Plaisir de la proie devenue chasseur ?
Regrettais-tu de t'être donnée ? ou de te reprendre ?
La dernière image que tu m'aies laissé de toi, c'est ta silhouette à contre-jour dans l'embrasure de la porte ; embrasement de mon ventre à cette évocation...
Tu as enfilé ton pantalon... mettre un pantalon par-dessus des bas... c'était nul ! et ce pantalon te donnait un gros cul !... hanches de pouliche... je t'ai dit "va-t-en !" puisque tu voulais partir. Je me suis levé. J'ai regardé par la fenêtre et je t'ai vue t'éloigner. "Fous-le camp !!! sors de ma vie, sors de ma rue..." Je ne garderai de toi que l'odeur d'amour dont tu as imprégné mon cœur, dont ton âme ruisselante a trempé mon âme.
Tu n'avais rien dit d'autre que "maintenant, viens, j'ai envie" lorsque je t'avais demandé si tu voulais prendre un verre. Je t'ai donné la main. Tu as posé ta tête sur mon épaule. Je t'ai amenée ici. Tu m'as englouti dans ton corps aussitôt. Chienne tu étais... tu ne voulais pas d'autre amour que ma verge dans ton vagin. J'étais étonné de te trouver déjà si trempé, moi qui bandais à peine. Je ne sais même pas comment j'ai pu te pénétrer avec une queue si molle. Au début. Tu m'as offert ta gorge pour que j'y plante un baiser. Ta fièvre était si forte que j'ai poussé un râle auquel tu as répondu par un cri de surprise. J'étais devenu dur en toi. Si brutalement que, je crois, j'aurais pu te déchirer. Je ne t'ai pas fait l'amour, tu m'as vidé de mon sperme, c'est tout. Je ne sais pas combien de temps cela a duré. Je ne sais même pas si cela a existé. Tu m'as relâché. Il faisait froid, j'ai voulu te caresser, apprendre ton ventre, tes seins, visiter tes yeux. Tu as pris ma main et l'as reposée sur mon ventre. Tu avais l'air de dire "branle-toi si ça t'amuse"... tes bas, ta silhouette, la porte... je ne sais même pas si tu as eu du plaisir. Je m'en moque, à vrai dire. Tu as gâché le mien en me sevrant si brutalement de toi... Fous le camp et ne reviens jamais !
Demain... peut-être ?