L'amant de Glace
Elle se déshabilla, face à lui, sans pudeur ni fausse honte. La robe de soie glissa le long de son corps, s'arrêtant au niveau des hanches. Elle s'approcha de lui. Ses mains se posèrent sur ses seins, recouvrant les dentelles du soutien-gorge, caressantes et possessives. Alice fut parcourue d'un frisson qui lui arracha un petit gémissement. Les mains s'insinuèrent sous la dentelle noire, empoignant plus fermement les seins dont les pointes étaient érigées. Elle ne le quittait pas des yeux, le narguant par son impudique passivité. De la pointe de la langue, elle caressait ses lèvres brillantes et humides comme un ventre réclamant d'être baisé. Il lui renvoyait son regard avec la même arrogance et le même dédain. Ses doigts formèrent une pince dont les ongles mordirent cruellement le téton. Alice retint un cri en gonflant sa poitrine exagérément. Son souffle était devenu lourd. La main passa d'un sein à l'autre avec la même exquise cruauté. L'agrafe du soutien-gorge sauta, libérant les seins. Les caresses reprirent avec les deux mains. Caresses appuyées du plat de la main grande ouverte en longs et lents cercles qui écrasaient et pétrissaient la chair offerte avec volupté. Elle le regardait avec désir, envie, besoin. Ils n'avançaient pas l'un vers l'autre. Elle se soumettait à ses propres caresses et sentait les mains qui couraient sur son corps, frôlant son ventre, ses hanches, son dos, descendant contre ses fesses avec une frénésie à laquelle elle s'abandonnait délicieusement. La robe qui était restée accrochée par la taille tomba comme le dernier rideau d'une défense corrompue. Le slip brésilien coordonné au soutien-gorge donnait de la longueur à ses jambes et exhibait dans l'échancrure la rondeur pommelée de ses fesses. Elle se mit de profil, cambrant les reins afin de donner de la noblesse à son cul. Les mains continuaient leur parcours fou sur le corps dénudé. L'une d'elles se posa en conque sur le sexe, et palpa au travers du tissu les lèvres gonflées et humides. Alice se tordait doucement lorsque les doigts faisaient rouler les chairs sous la culotte. Elle se mordait les lèvres de la bouche pour leur donner le goût salé du sang et de la foutrine. La main s'agrippait avec force à la motte rebondie, obligeant Alice à des efforts horribles pour ne pas se plier en deux. Elle poussait de longues plaintes languides. Elle l'appelait, lui l'immobile témoin de son insupportable désir. La culotte fut arrachée d'un coup sec. Alice se laissa tomber face à lui, sur le dos, jambes ouvertes, sexe ruisselant, toison brillante maculée s'offrant à son regard. Elle se hissa sur les pointes des pieds pour n'être plus qu'un sexe offert. Elle passa sa main le long de sa fente, écartant les lèvres du bout des doigts et glissa à l'intérieur, s'insinuant entre les parois chaudes d'où s'exhalait une touffeur aux fragrances goémones. Provocante, elle amena sa main à sa bouche et lécha les doigts embaumés de son miel. Chatte exhibant sa chatte, elle se repaissait du plaisir voyeur de son amant. Elle revint à son ventre, le doigt fendit les lèvres comme l'étrave d'un bateau ouvrant la mer. Le doigt continua plus loin, plus bas, effleura l'œillet et, d'un coup sec, elle se doigta le cul, s'arrachant un feulement félin. Elle se releva avec lenteur et vint se coller contre lui. Sa bouche collée à la sienne, ses seins contre sa poitrine, ventre se frottant contre son ventre. Leurs mains s'épousèrent et toute la nuit, elle se fit baiser par l'image que lui renvoyait son miroir. Il lui renvoyait son désir, son plaisir. Elle embua la glace avec sa sueur, sa salive et sa cyprine. Elle se fondit si bien dans la glace, qu'au matin, Alice avait disparu.
Il ne restait plus, pour témoigner de sa nuit merveilleuse, qu'une robe de soie chiffonnée sur le sol et quelques morceaux de dentelle noire.