Pause Café

Toi,

Deux maux... je pars...

Nous savions que nos toujours finiraient un jour ; le jour où le café du matin n'aurait plus le même goût sur tes lèvres. Depuis quelque temps déjà, il était tiède. Le sucre y fondait moins bien. J'aimais quand il était brûlant, il ressemblait à notre passion, à feu notre amour. Au début, nous nous arrangions pour nous retrouver de bonheur et, plus tard, nous nous sommes mis à rentrer de bonne heure. A l'oreille, la différence est invisible...

Chaque matin, se séparer était une douleur. L'odeur du café et des croissants nous enveloppait d'un éther d'éternité et nous aidait à supporter l'absence de l'autre. Au fil du temps, la douleur alla décroissant. Le café était moins noir, comme s'il en avait marre de ne pouvoir lire l'à venir.

On se sait pas pourquoi on aime. Il serait vain de chercher pourquoi on n'aime plus. Un beau jour, on réalise que le philtre ne fait plus effet. Tout passe. On n'aime plus, on aime plus. C'est sans doute lorsque le "on" remplace le "nous" que la mort de l'amour est consommée. Nous nous aimons. Nous aimons. On aime. Le "on" permet de faire la liaison... avec la séparation.

Gardons-nous pourtant que le "n" final ne trouve pas son homophone fatal.

Pardonne le ton de ma lettre et les trop nombreux jeux de mots qui ne sont là que pour masquer les maux de je. C'est moi qui prends l'initiative de te quitter, ce n'est pas moi qui peux me plaindre.

J'essaye de me persuader que, de ton côté, tes sentiments se diluaient aussi et que cette lettre ne te surprend pas trop. J'espère surtout que tu ne m'en voudras pas d'avoir réalisé, le premier, que le café était froid.

Mon Amour, mon aMour, avec un "aiMe" majuscule. Il suffit de casser le mot, de déplacer une lettre et "aime" devient "amie", rien qu'une lettre, une lettre de rupture...

... mais pas une fin de non se revoir...

 

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